La Birmanie dans la culture littéraire | Tārrā
Birmanie-Mandalay-Bridge

La Birmanie dans la culture littéraire

Si la Birmanie est réputée pour être le pays aux 1000 pagodes, elle a également inspiré un certain nombre de grands écrivains. Certains s’y sont installés afin d’y puiser l’inspiration, d’autres s’en sont simplement inspirés dans l’écriture de romans devenus des références de la littérature classique. De Rudyard Kipling à George Orwell, en passant par Pablo Neruda et Joseph Kessel, tour d’horizon non-exhaustif de l’évocation de la Birmanie dans la littérature occidentale.

George Orwell

Bien avant de publier son cultissime roman visionnaire « 1984 », George Orwell s’inspire de ses 5 années vécues dans les forces de l’Ordre en Birmanie pour rédiger « Une histoire birmane », paru en 1934. Dans cet ouvrage, Orwell évoque un pays sous l’occupation coloniale anglaise dans lequel l’oppression politique s’entremêle aux effluves d’alcool et de cigares des officiers anglais.

Le roman, quasiment autobiographique, dépeint les aventures de Flory, fonctionnaire britannique affecté dans une ville au nord de Mandalay. Celui-ci porte un regard très critique sur l’occupation anglaise et sur les discours xénophobes de ses compagnons avec lesquels il se réunit chaque soir dans un club privé. Son récit est également une véritable immersion au sein de la Birmanie, entre la jungle luxuriante reculée et Mandalay, capitale intellectuelle du pays à l’époque et très ancrée dans le Bouddhisme. Par la force de ses paysages, autant que par l’ignominie de l’impérialisme qu’il y a observé, la Birmanie aura fortement marqué la jeunesse de l’écrivain.

« Une histoire birmane »,premier roman publié par George Orwell, pose les thèmes chers à l’œuvre orwellienne que l’on peut retrouver dans la figure de Big Brother dans « 1984 » : une critique exacerbée d’un état dans lequel l’oppression politique déshumanise les rapports au sein d’une population.

Rudyard Kipling

« Voici la Birmanie, un pays différent de tous ceux que tu connais » écrivait Kipling. Si le légendaire auteur du « Livre de la Jungle » est constamment rattaché à Mandalay pour son poème au nom de la ville, il n’y a pourtant jamais mis les pieds et n’est resté en Birmanie que 3 jours, le temps d’une escale en 1889.

En réalité, son poème « Mandalay » s’inspire de Moulmein, ville coloniale dans laquelle l’administration anglaise était implantée, et de la pagode Kyaik-Thanlan. Cette pagode, Kipling en gardera un souvenir assez flou, ayant été ébloui plus tôt par la beauté d’une jeune birmane qu’il avait rencontré en grimpant les premières marches. Il reprendra le bateau le lendemain, la tête éprise par la beauté de cette inconnue birmane.

Son univers d’écriture restera néanmoins très marqué par la Birmanie à laquelle il continuera de faire de nombreuses allusions. La plus connue réside dans le personnage de Kaa dans « Le Livre de la Jungle », inspiré d’un authentique python birman.

Pablo Neruda

Célèbre poète chilien, Pablo Neruda a mis à l’honneur la Birmanie dans plusieurs de ses ouvrages. L’auteur a longtemps vécu à Yangon, où il fut même nommé consul en 1927.

Il évoque dans ses poèmes sa fascination pour cet univers étranger, terre d’exil à laquelle il s’identifie tout autant qu’il y voit des disparités par rapport à sa propre culture latine. Décrivant la nature luxuriante, un climat humide et extrêmement chaud ainsi que l’impossibilité de communiquer avec les autochtones, Neruda verra également cette expérience à Yangon comme un rendez-vous avec la solitude. C’est durant la période où il vécut en Birmanie qu’il rédigea les prémices de l’un de ses recueils de poèmes les plus connus: « Résidence sur la Terre ».

Joseph Kessel

Lorsqu’il débarque en Birmanie en 1955, Joseph Kessel est déjà une figure réputée du journalisme et de l’aventure. Après avoir entendu parler de pierres précieuses provenant du Nord de la Birmanie (dans l’état de Cachin), Kessel décide de partir à l’aventure et découvre « La vallée des Rubis », nom dont il donnera le titre à son roman. Nichée totalement à l’écart des sentiers battus au cœur de la jungle et inconnue des hommes à l’époque, il découvre Mogok, la citadelle du rubis.

Le roman décrit la relation historique particulière entre la Birmanie et l’exploitation des rubis. Oscillant entre le format romanesque et le reportage, Kessel raconte cette quête aux pierres précieuses sous fond de présentation de la Birmanie juste après la seconde guerre mondiale.

 

Liste des ouvrages cités:

  • George Orwell – Une histoire birmane
  • Rudyard Kipling – Mandalay
  • Pablo Neruda – Résidence sur la terre
  • Joseph Kessel – La vallée des rubis

 

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